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Les Aqueducs antiques de Lyon : étude comparée d'archéologie romaine (1908)

  • ISBN: B00WNIPPES
  • Author:
  • Langues: Français
  • Évaluation: 4.3/5 (Votes: 2024)
  • Broché: 477 des pages
  • Disponibilité: En stock
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Description du produit

INTRODUCTION


Une étude sur les aqueducs antiques de Lyon est loin d’être une entreprise nouvelle. Cela s’explique facilement quand on considère que d’une part ces aqueducs sont de beaucoup les plus importants vestiges qui subsistent de la civilisation romaine dans l’ancienne capitale des Gaules, et que d’autre part ils sont à tous points de vue dignes de captiver aussi bien l’intérêt raisonné de l’historien et de l’archéologue que l’admiration spontanée de l’artiste ou du simple visiteur. L’un d’entre eux surtout, le principal, a déjà été maintes fois décrit. Bien que parmi ces descriptions la plupart soient, à peu de chose près, copiées les unes sur les autres, elles n’ont pas laissé de réveiller chaque fois la curiosité sur des ruines dont les Lyonnais s’enorgueillissent à bon droit. Sans doute, rien dans ces ruines n’équivaut aux majestueuses lignes d’arcades qui se prolongent à l’infini dans la campagne romaine, ou même à la triple rangée d’arceaux superposés du Pont-du-Gard, mais elles s’alignent souvent aussi sur de longs espaces, offrent des aspects variés, tantôt imposants, tantôt gracieux, toujours pittoresques. Surtout, et c’est pour l’archéologue leur premier mérite, elles constituent un témoignage presque unique de la science solide et de l’ingéniosité opiniâtre des constructeurs romains : leur longue étendue, l’aisance avec laquelle on leur a fait franchir les plus difficiles obstacles, prouvent en effet une connaissance très sûre et une pratique étonnamment habile des principes de l’hydraulique. C’est à ce titre, comme exemples de beaux projets techniques savamment conçus et adroitement exécutés, qu’il m’a paru intéressant d’en reprendre et d’en compléter l’étude.

I

Au temps des Antonins, la ville de Lugudunum, ou par syncope usuelle Lugdunum, était alimentée en eau potable d’excellente qualité par quatre aqueducs : celui du Mont-d’Or (25 kilomètres environ de parcours) ; celui de La Brévenne (55 kilomètres environ) ; celui du Mont Pilat ou du Gier (75 kilomètres) ; enfin celui que nous appellerons l’aqueduc de Craponne, jusqu’ici assez mal connu ; il est formé par la réunion de plusieurs branches, issues du massif montagneux d’Iseron et de Pollionnay, dont la base est à une dizaine de kilomètres de la ville. Quant aux deux aqueducs de Miribel et de Cordieu, qui d’après une opinion assez répandue alimentaient les quartiers constituant le domaine des Trois-Gaules, leur authenticité, en tant qu’ouvrages romains, est loin d’être certaine, et ils ne figureront ici que pour mémoire.

De tous, le plus connu est celui du Mont Pilat ou du Gier. Le célèbre antiquaire lyonnais du xviie siècle, Spon[1] en fait mention. Le Père Ménestrier[2] dans son Histoire de Lyon, le Père de Colonia[3], autre jésuite érudit, donnent aussi sur cet aqueduc quelques indications, mais sans rien de précis ni de certain. C’est seulement dans la seconde moitié du xviiie siècle qu’une étude vraiment sérieuse et détaillée en fut faite par un savant des plus perspicaces et des plus consciencieux, l’architecte Delorme, membre de l’Académie des Sciences, Belles-Lettres et Arts de Lyon. Dans un mémoire[4] lu en séances publiques devant cette assemblée les 29 mars et 5 juin 1759, il exposa le résultat de ses recherches. D’un bout à l’autre il avait suivi l’aqueduc, et, sauf quelques erreurs bien excusables, avait relevé exactement le tracé, mesuré les dimensions des ouvrages souterrains ou apparents, et signalé les particularités techniques les plus dignes de provoquer la curiosité et l’admiration. La description de l’aqueduc du Gier était, dans ce mémoire, précédée de quelques renseignements succincts, d’ailleurs en partie erronés, sur les aqueducs du Mont-d’Or et de La Brévenne. Delorme croyait alors que ce dernier amenait à Lyon les eaux de la Loire, prises aux environs de la ville de Feurs, ce qui est évidemment impossible a priori, puisque ce point de départ aurait été plus bas que le point d’arrivée.